Témoignage bilan de compétences : « cette expérience m’a permis de ne plus avoir peur ».

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Je partage avec vous cette rencontre avec Michelle, que j’ai accompagnée en bilan de compétences, et son parcours dans l’année qui a suivi. Son témoignage permet d’illustrer comment on décide de faire un bilan et ce qu’il peut déclencher.

Le parcours professionnel

Michelle fut secrétaire dans un CIDJ à Paris pendant 20 ans. Puis elle décida de se rapprocher des Vosges où elle est née, pour retrouver ses racines. Elle devint alors opératrice polyvalente dans un groupe industriel. Souffrant du syndrome du canal carpien, elle dût subir une opération des deux mains. Son poste de travail fut aménagé et elle devint contrôleuse qualité. C’était un poste qu’elle qualifie d’hyper intéressant. Elle ajoute en plaisantant qu’elle est « née pour faire du contrôle car elle aime quand c’est bien précis ».   Puis elle vécut successivement le décès de sa mère et celui prématuré de sa sœur. Deux ans plus tard, en 2019,  elle négocia une rupture conventionnelle.

Le bilan de compétences et révélations

Michelle démarra alors un bilan de compétences. « Je voulais me comprendre, savoir ce qui me plairait le plus. Je savais déjà ce que je voulais : devenir secrétaire vétérinaire ou secrétaire médicale ».

Michelle dit que ce bilan fut « une surprise ». « Quelque chose que j’envisageais depuis toujours est revenu sur le devant de la scène » grâce à l’introspection réalisée dans le cadre du bilan sur sa personnalité, ses aspirations et ses compétences. « Il y a eu cette phrase : j’aime les livres, mais je ne crois pas que c’est possible pour moi de travailler dans une bibliothèque.» Après recherche approfondie des besoins sur le territoire régional et des formations, le constat fut qu’il n’était pas nécessaire de passer un concours pour travailler dans les métiers du livre et qu’il y avait des débouchés. « Cela a fait tomber un blocage en moi. Au début, je ne pensais pas que c’était possible et là, je me suis rendu compte que ça l’était. Ce bilan m’a apporté une ouverture d’esprit. Il m’a permis d’arrêter de paniquer. Si c’est possible pour d’autres alors pourquoi pas moi ? Si on ne peut pas accéder à un métier par la ligne droite, on peut toujours emprunter un autre chemin pour y arriver. »

Ensuite, tout est allé très vite. La formation fut trouvée et Michelle fut admise. « C’était un rêve devenu réalité et puis la découverte d’un métier. J’ai appris à ne pas avoir d’a priori, à être impartial, pour vraiment choisir les livres de façon la plus exhaustive possible par rapport à un thème, pour que tous les lecteurs y trouvent leur compte. » Michelle dit s’être tellement investie dans sa formation qu’elle n’a pas tout de suite pris en considération les impacts liés au Covid 19. Mais la formation fut suspendue puis reportée à l’année suivante. « J’étais tellement bien partie et puis freinée d’un coup dans mon élan ».  Pendant le confinement, Michelle et sa voisine se parlaient tous les jours, chacune de leur fenêtre. Et c’est là que Michelle fut « prise dans le tourbillon d’un projet » qui est en train de devenir réalité : créer avec sa voisine qui est commerciale et engagée dans la protection de l’environnement, une épicerie solidaire avec un espace librairie. « J’écris la première page d’un nouveau livre dans ma vie : je fais coïncider mon désir d’ouvrir une librairie, ma personnalité tournée vers le social, et mon envie de faire quelque chose pour l’environnement ».

Michelle dit que c’est nouveau  «cette prise de conscience née du bilan de compétences, de la formation, de sa voisine et du confinement ». Elle dit « qu’il est temps pour elle de revenir au principal, et le principal c’est la planète. « La vie est faite d’opportunités qu’il faut savoir saisir en plein vol, il y a des choses qu’il ne faut pas laisser passer. A 50 ans on se dit : ça passe maintenant alors il faut le faire maintenant. » Michelle et sa voisine ont choisi leur zone de chalandise et finalisent actuellement leur business plan, soutenues par la CCI. Elles commencent à rechercher un local, pour une ouverture de leur commerce-librairie prévue début 2021.

Conseils sur le bilan de compétence

A la question « avez-vous des conseils à donner », Michelle répond : « c’est demander à son enfant : de quoi tu as envie profondément ? Quel pourrait être le but de ta vie ?  et de commencer à travailler pour l’atteindre, en essayant de voir le plus loin possible. C’est vrai qu’on a envie de s’amuser, et qu’il faut profiter de chaque instant, mais en essayant de garder une direction à donner à sa vie. Si seulement on pouvait prendre conscience de cela mais bien avant 50 ans. Il y a les opportunités qui tombent dans le bec toutes cuites, et puis il y a celles qu’il faut aller chercher. Il faut aller les chercher tôt, sans que ce soit une obsession. » Elle dit ne plus s’occuper de ce que les autres pensent. « Je me sens libre aujourd’hui de faire mes propres choix. C’est une ouverture d’esprit : ne pas forcément suivre le mouvement, sauf s’il va dans le sens où l’on veut aller. »

Il y a aussi une phrase importante pour Michelle qu’elle souhaite partager : « il y a toujours des creux dans la vie, mais on peut toujours remonter. » Elle explique : « la vie, c’est des creux et des hautes vagues, et quand on est en haut de la vague, c’est merveilleux.  Aujourd’hui, j’ai réussi et je fais un pied de nez à la vie et à ses coups durs. » Quelqu’un disait dans son entourage : « si une personne arrive à surmonter quelque chose d’encore plus grave, cela donne envie d’y arriver. » Michelle précise : « quand on est au fond du trou, c’est une phrase qui aide plus que de s’entendre dire qu’il y a pire que ce que l’on est en train de vivre ».

Sa vie dans 2 ans ? « Elle sera intense car je vais faire quelque chose que j’aime. Elle va briller comme un sous neuf notre épicerie, proposer plein de produits et services, devenir un lieu de solidarité. Et l’objectif deviendra peut-être d’en ouvrir une deuxième, qui sait ? »

Témoignage recueilli par Isabelle Depayras, dirigeante de Job, Life & Happiness, centre de bilan de compétences à Colmar dans le Haut-Rhin,  le 12/09/2020.