Job, Life & Happiness

Bonjour à tous, dans cette première partie, Caroline évoque les débuts de sa carrière professionnelle.

Puis Caroline nous explique pourquoi elle a repris ses études pour une première reconversion.

Caroline nous parle du chemin qu’elle a parcouru pour rebondir.

Pour conclure, Caroline nous parle de sa vie aujourd’hui.

 

Texte de l’interview de Caroline :

Bonjour à tous, dans cette première partie, Caroline évoque les débuts de sa carrière professionnelle :

Donc aujourd’hui, je suis artisan d’art peintre sur mobilier et avant cela, j’ai été assistante sociale et précédemment encore, j’ai travaillé dans la fonction publique territoriale, emploi que je pensais garder toute ma vie parce que je ne me connaissais pas trop.

Je pensais que dans ma vie, il me fallait beaucoup de sécurité, de projection à long terme.

Et en fait, je me suis vite rendu compte qu’une fois que j’avais fait un peu le tour de la question, je m’ennuyais et surtout que je n’avais pas bouclé mon parcours scolaire.

Quand j’étais dans la fonction publique, j’avais toujours cette envie de boucler en fait les études que je n’avais pas terminées, parce que j’ai été mal orientée, car je n’ai jamais su en fait vraiment ce que je voulais faire.

Et j’ai fait. Par peur. En fait, j’ai choisi la fonction publique parce que c’était la sécurité, et pour moi, c’était une manière d’avancer dans la vie et de me dire bon je suis casée, j’ai un boulot, je vais gagner de l’argent, c’était ma grande crainte et c’est pour ça que je l’ai fait. Mais je n’ai pas fait ce que je voulais. Quand on parlait d’orientation, j’avais émis des vœux dans la décoration, dans l’architecture,  et en fait pour beaucoup de raisons, cela ne s’est pas fait. Je ne voulais pas m’éloigner de ma famille. On m’a proposé un boulot et du coup. j’ai accepté parce que c’était sûr, et voilà.

Puis Caroline nous explique pourquoi elle a repris ses études pour une 1ère reconversion, qu’elle a remis en question quand elle n’a plus pu se lever un matin :  

J’avais fait une première année de BTS que je n’avais pas terminé parce qu’on m’a proposé le job.  Et surtout parce qu’en fait, ça m’ennuyait terriblement.

C’était un BTS assistante trilingue que j’avais choisi parce que c’était sur Colmar, dans un lycée privé. Je suivais une copine, en fait, ce n’était pas mon choix. C’était juste par peur, par crainte. C’était un choix, par dépit. C’était pas mon truc. J’ai. Et du coup, j’ai laissé tomber à la fin de la première année de BTS.

J’ai toujours eu en fait  ce goût d’inachevé, presque un peu de honte. Parce qu’en fait, j’avais envie de valider un niveau supérieur. Et surtout que dans mon emploi dans la fonction publique, j’étais supérieure. Ce n’est pas par hasard que j’ai choisi ce domaine-là, parce qu’en fait, il y a la notion de service au public. Pour moi, c’était important de pouvoir aider les autres. Je me disais que pour moi que je ne pourrais pas vendre des choses, je ne pourrais pas être dans le commerce. Par déduction, un peu ou par élimination, pour moi,  c’était l’aide aux autres.

Et donc j’ai eu ma première fille. Et puis ça m’a donné un peu des ailes.  Je n’ai plus eu peur de prendre l’avion, d’être toute seule chez moi, de me projeter dans autre chose.

Et à partir de là, j’ai fait un concours d’entrée pour l’École d’assistante sociale de Mulhouse et j’ai été reçue et après j’ai fait mes trois ans.

En fait, cela m’a permis de valider un bac plus deux et ensuite aussi un bac plus trois parce que j’ai fait aussi une licence en sciences de l’éducation. Et aujourd’hui, je me rends compte qu’en fait, ma motivation première, elle était là : cette aide aux autres, c’est sûr que c’est toujours au fond de moi. Aujourd’hui, je vois que je peux le faire autrement. J’ai exercé pendant quatre ans. Il y a eu des périodes difficiles. Voilà, c’est sûr que quand je me suis engagé là-dedans, je savais bien que ça allait être plus compliqué.

Au-delà de l’aide aux autres, c’est toute la conjoncture économique, géopolitique qui m’a beaucoup affectée. Avec des enfants en bas âge, un mari très pris par son travail, c’est un ensemble de choses qui ont fait que, un lundi matin, je me suis plus levée. Parce que dans le travail, effectivement, au-delà du contexte qui était compliqué, le travail ne m’a pas portée et ne m’a pas aidée. C’était trop.

En fait, c’était la seule chose dans ma vie que je pouvais changer. J’avais un levier d’action, c’était sur ma vie professionnelle, parce que je n’étais pas épanouie, j’allais à reculons au travail, parce que je n’étais pas dans le positif. Je ne construisais pas, je bricolais, avec un management compliqué aussi, et des périodes difficiles

Caroline nous parle du chemin qu’elle a parcouru pour rebondir.
Ce matin-là, quand je n’ai pas pu me lever, je me suis dit que là, il fallait vraiment faire quelque chose. Ca a toujours été les montagnes russes. Je remontais et je retombais toujours un peu plus bas. Je remontais, je retombais encore plus bas et là, j’ai dû j’ai dû me prendre en main et changer quelque chose.  

J’ai mis un peu de temps à comprendre qu’en fait, la source du problème quand même, c’était mon travail. Parce que le jour où j’ai dit à ma fille que je n’allais plus au travail parce que j’étais en arrêt maladie, elle m’a dit, mais Maman ! Mais bien sûr, c’est bien sûr, ça se voit que tu vas beaucoup mieux. Et c’est sûr que tu n’étais pas bien dans  ton travail. Elle, elle l’avait vu depuis longtemps, moi pas trop. Parce que moi, dans ma construction, on va au bout des choses, on ne lâche pas le morceau, on s’accroche.

Cette fois ci, je me suis écoutée. Et j’ai surtout été bien entourée par un médecin en fait, qui a mis le doigt rapidement sur mon problème que je n’ai pas voulu entendre pendant quelques semaines. Et quand j’ai décidé d’accepter qu’en fait ça n’allait pas bien, c’est là que j’ai pu rebondir quand même rapidement, parce que, entre le début de mon arrêt de travail et la fin de ma formation validée par Transition Pro, en fait, il s’est déroulé un an, que un an : avec une formation qui a duré plus de quatre mois, un bilan de compétences au préalable, un business plan, un dossier de transition professionnelle, un accompagnement thérapeutique avec un psychologue.

Et en fait, c’est tout cet entourage qui m’a permis de me dire que c’était possible.

C’était possible d’aller mieux, mais qu’il fallait juste que je m’écoute, enfin une fois pour toutes que j’avais le droit de changer.

Parce que pour moi, ce nouveau changement, c’était preuve d’instabilité. Et en fait non, c’est juste preuve que dans la vie, on a plusieurs vies professionnelles.

Et comme je dis souvent, en fait, à cette période-là, les astres étaient alignés et ils étaient tellement alignés que ça a été ça. C’était fluide. Je suis tombée sur les bonnes personnes au bon moment qui m’ont accompagnées et qui m’ont soutenues comme il fallait, et sans ça en fait, seule, je pense que c’est compliqué. Moi en tout cas, seule, je n’y serais pas arrivée.

Je ne serais pas arrivée et vraiment le déclencheur, c’est le bilan de compétences.

Au-delà de l’aspect concret de se dire bon toi tu peux faire ça, il y a tel voyage, telle piste, c’est plus en fait encore une connaissance de soi et de ses aspirations. Pouvoir se dire que c’est possible parce que moi, tout ce que j’avais dans ma tête et dans mon cœur, je me disais que ce n’était pas possible parce que ce n’était pas presque pas concret. Alors qu’aujourd’hui, ça l’est devenu parce que j’ai été accompagnée, et elle a rendu ça possible vraiment.

J’ai eu peur mais j’étais pas seule. J’ai eu besoin de ça. J’ai eu besoin à un moment qu’on croit un peu en moi, plus que moi.

Pour conclure, Caroline nous parle de sa vie aujourd’hui :

J’ai fait cette formation d’Artisan peintre sur mobilier. J’ai eu Mon Diplôme. J’ai créé l’entreprise administrativement et physiquement, et avec tout ce qui va autour, plus la création du site Internet. J’ai participé à des premières expositions, et je commence une collaboration, avec une boutique partenaire.
Pourquoi je suis allée là, dans ce métier ?

Parce que on a fait beaucoup d’exercices pendant le bilan de compétences des jeudi.

Et c’est venu tout de suite naturellement. Même si au début, je disais non, non, ça dans ça s’est dans ma vie rêvée. Non, non, on va trouver un truc bien plus concret.

Mais c’est venu tout de suite. C’est ce que j’aime en fait. Je me suis écoutée et c’est ce que j’aime. J’aime décorer, j’aime rendre beau et j’aime faire avec mes mains. J’aime le changement, j’aime me dire ah, c’était moche, et maintenant, c’est beau.

Et quand je suis dans mon atelier, je travaille le bois, je suis…en fait, je suis tellement bien, trop bien, parce que ce que je fais, ça me plaît. Et en fait, c’est incroyable de pouvoir dire ça.

J’aime ce que j’aime, ce que je fais et ça me plaît ce que je fais.

Pendant la formation, il y a eu des moments difficiles parce que c’était très exigeant, mais aucun matin, je me suis dit oh non, je n’ai pas envie d’y aller, ce que tout le monde se dit le matin en allant au boulot. Oh enfin, je pense qu’on n’a pas trop envie d’aller au boulot.

Et ben moi pendant cette formation, même si des fois je savais que ça allait être compliqué, j’avais envie d’y aller. Et là, j’ai envie de faire. J’ai eu trois jours de travaux dans mon atelier. J’étais frustré, presque pas bien de me dire je ne fais rien.

J’ai envie de faire et de prendre un pinceau.

 

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